POV TOM
Je pleurs, je pleurs à m'en rendre malade. Et lui ? Lui ne me regarde même pas. Il reste là sans rien faire, comme si... comme s'il se foutait de me faire subir cette atroce douleur... Oui sa fait mal... Très mal. J'ai tout sacrifié pour lui. Je me suis juré de ne plus jamais le faire souffrir alors que lui... pour lui tout... tout n'était qu'un jeu ? Mais merde, qu'est-ce qui lui prend ! Je ne le connais pas comme sa ! Je me revois en train de lui infliger la même chose... Putain comment j'ai pu, sa fait vraiment trop mal... J'ai des difficultées à respirer, mon c½ur se serre, se comprime... Mes sanglots m'étouffes, je m'y nois... Mon chagrin, ma peine, cette douleur qui commence à être insuportable. Ma vision trouble pourtant, chaque larme ne reste pas devant... Mon tee-shirt trempé, mes mains crispées au sol. Le frappant, de plus en plus violemment, de plus en plus souvent... Son regard posé sur moi... je n'ose même pas l'affronter... haineux ? Dégouté ? Compatissant ? Désolé... ? J'ai bien trop peur de se que je peux y lire...
Je l'entends ouvrir la porte. Moi je reste là au sol... Abbatus... Complètement... perdu. Je suis pathétique à me regarder... mais si vous saviez... Enfin... je pense que tout le monde connait la blessure d'une rupture... Mais là... C'est différent. J'ai accepté le fait d'aimer mon frère... Je lui ai tout donné... Et je m'en retrouve là aujourd'hui, inondant le sol de cette pièce. Pleurant, écoutant ces derniers pas, avant que le loquet de la porte ne referme ma douleur... Pour moi, seuls, dans un long tête à tête... Je ne bouge pas. J'arrète de pleurer. J'essuye mes larmes avec violence et me lève d'un coup. Mon regard vagabonde. Mes sourcils se froncent d'avantage. Pourquoi la peine conduit le plus souvent à la violence ? Je n'en sais rien... J'ai peur d'avoir été manipuler, j'ai peur de ne jamais pouvoir me relever. Alors comme je le fesais avant, je renferme tout sa, je me mûre, et j'avance. Sauf que là, ma colère prend le dessus sur moi...
Mon souffle s'accélère. Mon regard se pose sur la baterie. Je m'y assois vivement, prends les baguettes, et commence à taper. Je sais quelque peu en jouer, donc sa ressemble à quelque chose... Je tape, je tape, je me défoule. Accélérant toujours mon rythme, je reproduit sans arrêt les mêmes frappes. Je continue encore et encore. Je tape plus fort, de plus en plus... Vite, fort, vite, fort. J'évacue toutes les dernières minutes que je viens de passer... Je me retiens tant bien que mal, mais finis par exploser en sanglot. Mais je continue, j'en ai besoin... sinon, qui sait ce que je pourrai faire ? La musique couvrant mes larmes, mes gestes couvrants mes spasmes... Je hurle ma douleur... Il m'a quitter... C'est fini... Sans explication, rien ! Il est lache ! Il me fait affreusement mal, me tourne le dos, il s'en fou de moi ! Il n'en a rien à faire de me voir souffrir ! Il m'a balancé mes excuses à la gueule, il m'a renvoyé mon amour dans la gueule ! Mon propre frère...
Mon propre frère putain ! Dans un excès de rage, je me lève et jète les baguettes contre le mûr en face. D'où me vient-elle ? Du plus profond de mon être ! Je pousse les caisses de la baterie à terre et balance les symbales. La pièce est dans un état monstreux... La baterie s'est étalée dans un bruit sourd. Je tombe au sol, le visage dans les mains... Aië... sous mon genoux se trouve un objet tranchant... Lequel ? Je ne sais pas, je n'ose pas regarder, mais il m'a bien déchiré la peau... Pourtant cette douleur est moins intense que celle de Bill...
« Bill »... J'y crois pas...
J'entends frapper... Je ne réponds pas et continue de pleurer... « Bill »... Mon frère... Mon jumeau... Mon-...Mon...
Gustav : TOM !
Tom : ...
Gustav : Putain Tom qu'est-ce qui c'est passé ? La baterie merde !
Nena : Tom...
Elle s'approche de moi. Il regarde l'état de la pièce. Elle s'agenouille en face de moi, je ne la vois pas, je dissimule mon chagrin de mes mains, j'ai toujours eu honte de pleurer... Elle me caresse les cuisses... Les filles... Comment font-elles pour tout savoir sans un mot. Comment font-elle pour tout comprendre en un regard. Gustav lui, constate les dégats de l'instrument. Mais Nena elle... elle a remarqué que j'étais là, au milieu de tout ce bazarre, au milieu de ce champs de ruine... reflet aujourd'hui de ma vie, de mon c½ur... Elle ne dit rien, se contente simplement de me montrer sa présence. Comment sait-elle que je n'ai besoin que de cela ?... Mes pleurs ont cessés. Mes mains sont posées sur celles de Nena, elle continu ces attentions. Je sens qu'elle fixe mon visage. Moi, mon regard reste planté au sol, devant moi.
Gustav : Mais Tom qu'est-ce qui t'as pris... Tom ... ? Woh hey mec sa va pas ?
Je lève le regard et le pose dans celui de Nena, elle me donne un sourire à la dernière phrase de Gustav. Je le lui rends, échapant un légé rire avec. Oui j'ai besoin de la douceur que seul une fille peut m'apporter. Mais j'ai aussi besoin des remarques spontanées de mon ami pour sourire quelque peu... Il pose ses mains sur mes épaules. Je n'aime pas être au centre de toutes les attentions, mais là... croyez moi que si je pouvais faire autrement, se serait avec plaisir... mais ils m'ont trouvé là, comme sa, et je n'arrive pas à me relever seul de ce combat perdu. J'accepte les mains qu'ils me tendent, ses gestes de soutient, ces gestes d'amitié.
Le portable de Gustav sonne. Il me regarde et c'est comme s'il me demandait pardon de devoir décrocher, en me laissant là ne serait-ce que cinq minutes. Il prend son portable et à la vue du nom qui s'affiche dessus, il porte un visage tendu sur moi. J'ai compris, c'est Bill... Et lui n'est pas stupide, il sait qu'il est la cause de mon état... Je baisse les yeux et Nena me caresse la joue pour me réconforter...
Gustav : A-allo ? ... Oui il est là... Oui... D'accord...
Il nous fait signe et sort de la pièce. J'essuye mes larmes et regarde Nena. Elle me sourit faiblement pour que je lui fasse le même geste. Elle est tout mignone, elle n'aime pas me voir dans cet état... Elle est adorable, je lui rends son présent. Elle se lève et me tend une main. Toujours sans prononcer le moindre mot. Je refuse de me lever, j'ai mal à ma jambe meurtrie et je ne sais pas dans quel état elle se trouve. Nena fronce les sourcils, je baisse le regard. J'entends simplement un hoquêtement de surprise ? De peur ? Et là je vois... certainement la même chose qu'elle. Du sang. Mon jean imbibé et le sol recouvert d'une fine couche de ce liquide rouge. Je la regarde vivement, elle est choquée, les mains devant la bouche.
Tom : C'est rien t'inquiètes pas...
Nena : Lève toi, viens, je t'emmène à l'infirmerie.
Tom : Non je... je vais aller dans ma chambre...
Nena : Et si B...
Tom : Mh...
Nena : Attends j'appelle Gustav pour qu'ils aillent dans sa chambre.
Tom : Ok...
Nena : ... Ouè Gus ? ... Ben justement il saigne... Calme toi !... On sait pas, on a pas regardé... Non reste avec lui ! Comment il va ?... Mh... Ok... Non il ne veut pas allé à l'infirmerie mais rentrer dans sa chambre... Ouè... D'accord... Okay... Oui tu me diras... Oui pas de soucis... Bisou
Tom : Alors... ?
Nena : Lève toi on va regarder sa...
Elle me prend le bras et m'aide à me soulever. Aïe putain sa fait mal. Je me tiens sur ma jambe saine et regarde au sol... J'ai beaucoup perdu de sang et là... Au milieu gise l'instrument, un canif... D'où il sort ? Aucune idée et surtout... Comment j'ai pu me faire aussi mal, comment la lame à réussit à me percer la chaire, pourquoi n'est-il pas resté à plat ? Je ne sais pas non plus, je ne suis pas doué simplement... J'essaye de prendre appuis sur ma jambe droite... je crispe mon visage de douleur... Je ne pleurs pas, seul la douleur que j'ai encore dans le c½ur est capable de me faire verser quantité impressionante de larmes... Le reste non. Ce qui est physique m'importe peu... Je souris pour moi-même, aparemment j'étais le même plus petit...
Je commence à marcher, tant bien que mal, enfin qlus mal que bien. Je m'appuie sur Nena. On a pas vu encore grand-chose de ma blessure, mais mon jean est déchiré... Moi qui pensais que cette journée allait être magnifique, tant elle avait bien commencée... Pourquoi ce côté tragique de l'histoire est apparu aujourd'hui ? Pourquoi pas demain ? Dans une semaine ? Non ! Pourquoi aujourd'hui ? Je suis maudit... Je ne verrais peut-être jamais ma mère... Mais c'est moins important que Bill... Pourquoi tu me fais sa...
Nous traversons ainsi le lycée, sous quelques regards indiscrets et horrifiés de mon sang. Ce n'est que du sang... Nous ne rencontrons personne dans le bâtiment de l'internet des mecs, Nena est donc passée tranquillement. Nous montons difficilement les escaliés, moi parceque j'ai mal, et Nena parcequ'elle m'aide beaucoup trop. Nous arrivons devant ma chambre. Je m'adosse contre le mûr d'en face, lui donne les clefs. Elle ouvre et m'aide à rentrer. Elle m'installe sur le rebord de la beignoir et commence à faire couler de l'eau pour qu'elle soit chaude.
Nena : Où est ta pharmacie ?
Tom : Là derière le mirroir.
Elle l'ouvre et regarde un peu ce qui s'y trouve. Elle en sort un ciseau et me regarde d'un aire trop bizarre... Oh non ! Pas mon baggy ! Elle s'approche et se met à genoux face à moi.
Tom : Euh... On peut pas faire autrement ?
Nena : Dis lui adieu Tomi !
Tom : Pardon mon beau... Je tenais vraiment à toi...
Elle rigole et enfonce une lame du ciseau dans la déchirure déjà présente. Elle coupe jusqu'au milieu de ma cuisse puis elle fait le tour de ma jambe... Je l'aimais vraiment ce fute... Journée de merde. Elle retire le bout de tissu, je n'ose pas regarder ma jambe, j'ai de plus en plus mal... Je regarde son petit visage d'ange, elle prend peur lorsque ses yeux se posent sur ma blessure. Elle me regarde, désolé, avec pitié, et compation... Je ne suis qu'un con. Remarque... certaines personnes trouvent le courage de faire sortir leur souffrance interieur par le biais de leur sang, volontairement, une simple lame de rasoir entre leurs doigts, et leurs bras sillonnés de toute leur largeur, quelques gouttes ruisselant... Moi, c'est par mes gardes... et ma douleur ne s'estomp en rien... Mais c'est vrai que j'y pense moins... à ce vide, à cette compression que subi mon c½ur... A cette sensation d'être seule, d'avoir été trahi, abusé... Oui abusé, comme s'il s'était joué de moi... Sa fait mal... Comment l'expliquer ? Comment poser tout se que je ressens sur des lignes ? Même en pensant, mes idées ne sont pas claire et ne reflètent en rien se que je ressent réellement. J'ai mal. Bien plus mal que la pire des torture. Cette envie de vomir, qui vient du fond de vos tripe, et encore, vous n'en êtes pas sûr... qui vient de votre c½ur ! Une douleur loin d'être endurable. Je comprends aujourd'hui tout ce que les gens sont près a endurer par amour. La mort ? La plus grande et la plus belle des preuves. Suis-je près à la lui donner ? Je ne sais pas... Je veux vivre. Vivre à ces côtés. Dans sa chaleur, dans ces bras, dans son monde... Si tout sa m'est interdit... Alors... Comment vais-je faire... ?
Nena se lève pour prendre l'eau qui est chaude à présent et du coton... Elle néttoye mon tibiat qui doit-être, je pense, recouvert de sang. Elle me soigne avec douceur. Seul une femme en est capable... J'ai mal par moment, alors elle est encore plus soigneuse dans ces gestes. Parfois, je balance ma tête en arrière sous l'effet de la douleur, lorsqu'elle est proche de la blessure. Je me décide à regarder quand même... Je me penche et... woh... Je ne pensais pas... autant... Mon entaille se trouve sur le côté externe de mon tibiat, un peu en dessous du genoux... Sur bien dix centimètres... Je reste choqué...
Nena : Tom, il te faut des points de suture...
Tom : Possible...
Nena : Certain ! Tu vas y allé hein ? J'appelle l'infirmière...
Tom : Non ! Attend... Dis moi...
Nena : oui ?
Tom : Bill... Il... Il est avec Gustav ?
Nena : Oui ne t'inquiète pas... Mais... Pourquoi tiens-tu tant à le protéger de ce Joe ?
Tom : Il a faillit le violer lui et sa bande...
Nena : Oh...
Tom : Et il... Il va bien ?
Nena : Tom... Occupes toi de toi...
Tom : Pourquoi il a fait sa...
Nena : Que c'est-il passé... ?
Tom : J'ai... pas vue de peine dans ces yeux... J'étais là... Comme un con... au sol et lui... Non, il n'en avait pas à me voir comme sa...
Nena : Il est facile de se cacher derière une apparence...
Tom : Mais je suis son jumeau...
Nena : Et alors... J'ai un frère jumeau et... Il ne sait rien de mon malheur au lycée... Avant que je ne vous connaisse ne t'inquiète pas ! Il ne voyait pas ma peine et mon mal de vivre...
Tom : Pourquoi ?
Nena : Parcequ'il ne fallait pas qu'il le voit...
Tom : Mh...
Nena : Un mec c'est con ! Sa ne voit pas plus loin que son nez !
Tom : *lol*
En disant cette phrase, toujours par etrre devant moi, elle m'a donné une petite frappe sur le nez, en souriant. Je n'ai pas pu résisté à l'envie de rire, un peu... C'est surtout que j'aimerai la croire... Et je vais le faire parceque sa fait moins mal... Ou... Sa ne fera pas mal maintenant s'il s'avère qu'elle a tord.
Tom : Tu as tellement raison...
Nena : Hey ! c'est que je les connais les mecs moi ! Tous les mêmes jte dis !
Tom : Sa par contre c'est faux...
Nena : Ah oui ? Lesquels sont différents ?
Tom : Gustav ?
Nena : Heum... Moui c'est vrai...
Tom : Bill...
Nena : Mh... Sa sa dépend du point de vue...
Tom : Oui...
Nena : Toi... !
Tom : Je n'ai rien de différent... Je suis con comme les autres...
Nena : Si tu dis sa pour que je te lance des fleurs tu peux courir mon grand ! Tu me crois ou non, tu es un mec génial et... Je suis fiere de te connaître !
Tom : ... C'est gentil...
Nena : Bon je vais appeler l'infirmière hein !
Tom : Mais non jt'ai d-
Nena : Chuuuut....
Tom : Nena non c'est b-
Nena : Ouè Gus ?
Tom : Hein ?
Je suis pris d'un léger fou-rire, que cette meuf est conne ! Quand j'ai entendu le prénom, je me suis tout de suite imaginé Gustav déguisé en infirmière... Fouah, sa tue le fantasme là ! Quoi que depuis quelques temps, je n'y fantasme plus trop dessus grace à Bill ! Bill... Putain j'avais oublié...
Nena : Ben en fait... Oui attends laisses moi t'expliquer roh ! ... Ah ouè ? ... Ok passe le moi... Oui sa va ? ... Tom? Arf, sa va moi sinon merci de t'en soucier! Héhé! ... Oui roooh du calme Billou ! ... Bah nan... Aïeuh ! Nan sa va pas mieu ! Il s'est entaillé la jambe ce con... Si c'est grave ! Passe moi Gustav... Ouè tu peux venir, parceque j'ai pas le droit d'être ici normalement... D'accord Biz.
Tom : T'as parlé à Bill ?
Nena : On s'en fou de Bill pour l'instant, regarde tu pisses le sang !
Tom : Oui sa veut pas s'arrêter...
Nena : T'as mal ?
Tom : Non.
Nena : Menteur. Gustav viens là après être allé chercher l'infirmière.
Je n'ai rien à dire. C'est vrai que c'est préférable que l'on me fasse des points parceque là... Je perds pas mal de sang. Je suis toujours assis sur le rebord de la beignoir. Une serviette éponge sous mon pied, pour ne pas mettre du sang de partout. Nena reviens vers moi, soulève doucement ma jambe et change la serviette. Ma tête commence à me tourner... Elle le voit et me fait m'assoir le dos contre la beignoir... Je vois trouble et j'ai quelques sueurs froides au visage. Elle passe un gans de toilette sur mes joues et mon front. Mes yeux se ferment à moitié... Je crois que j'ai perdu bien trop de sang...
Nena : Tom sa va allé...
La porte de la chambre s'ouvre en trombe et j'entends quelqu'un hurler mon nom. Ce quelqu'un je le connais trop. Il entre dans la salle de bain et tombe directement fasse à moi. Ses mains rejoigent sa bouche au vue de tout mon sang sur le carrelage. Nena se décale un peu. Moi je suis de plus en plus faible, j'ai de plus en plus froid... Elle sort de la salle de bain, bousculant exagérément Bill au passage. Lui, les yeux rivés sur mon corps gisant là au pied du lavabo, les mains au sol, les genoux replié, et la tête prenant appuis sur la beignoir... abattut. Il s'approche doucement de moi... Que va-t-il faire ? Il s'amuse vraiment de ce que je ressens... Il s'approche encore...
Et me donne une giffle...
Ma tête se tourne instinctivement dans le sens de son geste. Ma main rejoint ma joue meurtrie... Qu'ai-je fais... ?
Bill : Pourquoi t'as fait sa Tom ? C'est pas se que je veux !
Nena : Putain Bill ! Sa va pas de le frapper ?
Je murmure...
Tom : Pourquoi j'ai fait quoi Bill... ?
Bill : Pourquoi tu t'es fait cette entaille ? T'es lache !
Continu mon amour. De toute façon dans l'état dans lequel je suis, je ne sais pas si c'est possible d'être pire, à part la mort. C'est à toi que je dois ma douleur, vas-y continu, je suis à toi après tout... je te l'ai promis de nombreuses fois... amuses toi à me faire du mal... Si c'est pour que tu ailles mieu, si c'est pour que tu t'amuses, si c'est pour te donner le sourir... Joue de moi, blesse moi dans ce cas...
Nena : Ta gueule Bill ! C'était pas voulu ! C'était un accident !
Bill : ...
Gustav : Nena ! Va te cacher ils arrivent !
Et elle court. Si elle est prise dans le dortoir mes garçons, elle peut être exclue... se serait domage pour une bétise pareil. Bill a toujours son regard planté dans le mien. Je crois que je ne cherche même plus à lire en lui, à savoir ce qu'il pense, ou même ressent... Je ne vois que son doux visage disparaître sous mes paupières qui se ferment lentement. Mais je lutte pour continuer de le regarder, il est tellement beau... oh... je vois enfin une pointe d'inquiétude en lui qu'il n'arrive pas a dissimuler... Mais mon corps dépasse mon envie et mes yeux se ferment. Je n'entends plus qu'un vague « les garçons vous aller le porter vite ! », je sens qu'on me soulève puis... plus rien...
ELLIPSE
Quelques bips... Un goût de déjà vu, j'ouvre les yeux, tout est blanc. A côté de moi personne... que je connais. Mais là, endormis, se trouve une femme. Son visage reposant sur ses avant-bras, elle dort. Qui est-elle... Je me doute de son identité... Je me tourne et regarde la pendule au dessus de la porte... 1h30... le matin je suppose puisque mes volets sont clos. Mon regard se repose sur cette femme... Ma mère biologique... Celle que j'attends depuis des années. Celle qui m'a tant manquée, celle qui veille se soir sur mon someil... Ma mère. Je souris en détaillant son visage. Comment est-elle arrivé là, certainement grace à Bill. Ce que je vais lui dire quand elle se reveillera et que nous serons tous les deux, seuls, depuis des années, je ne sais pas. Un face à face que je m'imagine depuis tant de temps... Une discution, des larmes. De joie ? De peine ? De culpabilité ? Nous verrons... Je dois et je veux simplement lui dire que jamais je ne lui en voudrais. Je ne connais pas parfaitement tout se qui c'est passé avant nin même pendant mais... J'ai tant manqué d'elle, toutes ces années sans sa chaleur, il m'est impossible de lui en vouloir puisqu'aujourdui elle est là, devant moi... Elle veille sur moi. Onze longues année qu'elle ne l'a pas fait...
Tout le monde perd ces parents un jour ou l'autre... Mais l'inverse doit être bien pire, et je suis conscient que pour elle se doit être terriblement difficil et éprouvant. Elle doit culpabilisé, comme le font toutes les mères, l'impression de ne pas me connaître ? L'impression d'avoir échoué ? De m'avoir abandonné ? Non rien de tout cela... ne t'en veux pas... maman...
Je porte ma main à sa joue et la caresse tendrement. Ses paupières bougent et se ferment plus intensément de temps à autres... comprend-elle que c'est moi... ou croit-elle que tout n'est qu'un rêve ? Ces petits yeux s'ouvrent lentement, très lentement et ces prunelles se posent directement sur moi.
Je lui souris
Ces yeux commencent à se remplir de douces larmes, elle ce redresse tout aussi lentement. Elle pose sa main sur la mienne et appuie un peu pour que je touche pleinement sa joue. Une larme roule sur son visage. Elle continu de me regarder puis enlace doucement nos doigts. Elle n'arrive pas à parler, alors je commence...
Tom : Bonjours maman...
Parfois la barrière entre rêve et réalité est tellement fine qu'il est impossible de distinguer ces deux mondes. Rêver ce que l'on vit, ou vivre se que l'on rêve... Notre imagination et nos envies prennent trop facilement possession de nous...
